La vengeance – le retour

Il y a une semaine, je vous parlais du Comte de Monte Cristo… Timing intéressant, puisque j’ai découvert à ce moment-là une nouveauté de la chaîne américaine ABC*.

Vaguement inspiré de la vengeance de notre aristocrate imposteur, la série (format classique, 40 minutes hebdomadaires) met en scène une jeune fille qui revient sur les lieux de son enfance avec une nouvelle identité, et ceci afin de venger son père. Un père qui a été arrêté alors qu’elle n’était qu’une petite fille, un père innocent accusé de terrorisme et dont l’apparence de culpabilité a été échafaudée par son entourage. Ca nous change de la passion américaine pour le complot, mmm ? Mais bon, soyons honnêtes, Monte Cristo avait également été la victime de la malchance la plus totale et la plus improbable.

Pour une série « mal partie », car les premiers épisodes sont complètement imbibés de clichés (familles richissimes des Hamptons qui essaient de sauver les apparences mais dont la vie privée des membres tombe en lambeaux, par exemple), la série se rattrape assez bien par la suite. Les premiers épisodes montrent une héroïne au courant de tout, infaillible et surtout invisible. Personne n’arrive à remettre en cause son honnêteté. La série glisse sur la pente de la facilité.

Mais petit à petit, les difficultés s’installent et on commence à ressentir une certaine tension nerveuse. L’héroïne échappe de justesse aux différents obstacles et l’on sent percer ses failles, sa vulnérabilité. Le dernier épisode en date, intitulé Charade, finit sur un point d’interrogation. On ne se demande pas si l’héroïne sera démasquée avant d’avoir réussi tous ses stratagèmes, puisque la règle des séries l’interdit, mais on se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire pour se tirer de ce mauvais pas.

Suspense, suspense…

Ne jugez pas une série trop vite.

Mrs Hinch

*Vous pouvez regarder la série Revenge en VO sur Sidereel.

Publicités

La vengeance à l’écran

Les passionnés de littérature (ainsi que les vieux gâteux) tiennent le même sempiternel discours, un livre vaudra toujours mieux qu’un film. Il s’ensuit qu’une adaptation ciné ou télé, qu’elle soit bonne ou mauvaise, ne sera jamais à la hauteur du roman dont elle est tirée.

Soit. Un livre, c’est plus riche. Un livre, c’est plus intime. Et mon côté snob crie « un livre, c’est plus intello ».

Et pourtant… Outre le fait que le cinéma est aussi digne d’éloges que la littérature, certaines adaptations transforment les mots en étincelles.

J’avais vu – il  y a bien longtemps – le Comte de Monte Cristo à la télévision, et plus précisément l’adaptation française de 1998, celle ayant institué Edmond Dantès sous les traits de notre Depardieu national. En lisant le livre récemment, qui est une petite merveille soit dit en passant (honte sur moi d’avoir attendu aussi longtemps !), il m’est venu à l’idée de revoir cette adaptation sous un nouvel œil, adulte et averti. Un petit coup de dicton pour métaphoriser cela : un homme ayant lu en vaut deux. Car alors on peut juger du livre et de l’adaptation.

Or ce film-là ou plutôt cette série, qui doit entrer dans les normes temporelles du 90 minutes, a su éliminer les digressions romanesques de l’auteur et ne garder que l’essentiel du récit. Et comble de la pédagogie, le premier épisode s’ouvre sur un résumé de l’histoire :

«  Crois-tu que j’aime être le Comte de Monte Cristo ? C’est un homme terrible, impitoyable et froid. Mais ce n’est pas moi qui ai voulu devenir cet homme-là. Moi, il me suffisait d’être Edmond Dantès, je n’attendais rien d’autre de la vie, mais ils m’en ont empêché. Villefort, Morcerf, Danglars et même l’autre larve de Caderousse, qui savait tout et qui n’a rien dit. En essayant de tuer le jeune marin qui ne demandait rien à personne, ils ont fait naître le vengeur qui vient leur demander des comptes. Eh bien, tant pis pour eux. »

Cela suffirait à n’importe quel imbécile pour deviner la couleur de la suite. Mais trêve de raillerie, n’est-ce pas exactement ce qu’on attend d’un film et a fortiori d’une série ? De se laisser porter ? Bon, bon, c’est ce que MOI j’en attends. Le trop intellectuel sur un écran me fatigue. Après tout, il y a les livres pour ça, non ?

Mais revenons à nos moutons : le succès de l’adaptation. Comme je le disais, la série se fait pédagogique, centrée sur l’essentiel et surtout, le plus important, sur les émotions, que ce soit ceux des personnages (les acteurs ne sont pas des plus mauvais) ou ceux du spectateur. Plus d’un sera touché par l’intensité des scènes, qui ferait pâlir d’envie les dramaturges classiques du XVIIe.

Voyez un peu cet extrait, ici*.

Il faudrait se leurrer pour ne pas reconnaître les génies combinés de l’équipe du film.

Mrs Hinch

*La série est disponible (quasi) en entier sur Youtube. Oui, ce n’est pas bien : )